Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Se mettre dans la position où l’alternative ne se situe plus qu’entre un recul en rase campagne ou un passage en force est une spécialité de la démocratie à la française. Les exemples fourmillent, d’échecs retentissants par application de cette approche :Balladur et son CIP, Devaquet et sa réforme de l’université, Juppé et les retraites sans oublier le contre exemple d’Aubry et des 35 heures.
Villepin en se mettant droit dans les célèbres bottes de Juppé prend le risque d’être désavoué par son patron comme l’ont été ces deux prédécesseurs. La différence c’est que ces derniers chutèrent sur des réformes indispensables, équitables et justifiables alors que l’actuel premier ministre risque son va-tout sur une idée dont nul ne peut prétendre qu’elle apportera les résultats escomptés mais qui est plombée d’avance par son coté discriminatoire.
Il y a tant de domaine où des changements sont nécessaires que prendre le risque de chuter sur un projet innovant mais grevé de défauts insurmontables c’est soit être d’une insigne maladresse, soit vouloir offrir l’image d’un psycho rigide doublé d’un piètre tacticien.
A se penser trop intelligent on s’éloigne du commun des citoyens : la chute n’en est que plus rude. Celle de Juppé nous a valu Jospin. Que nous vaudra celle de Villepin ?