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Décryptage sans complaisance de l'actualité.

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La montagne accouche d'une souris

Le coq se dressait fier sur ses ergots. Tout ce que le monde industriel compte de laudateurs ne tarissait plus d’éloges ; c’était notre fleuron industriel, notre champion européen, la réussite du passage de l’économie socialiste de notre antique régie nationale à l’économie de marché : le Renault privatisé ! Bravo Loulou, le PDG qui avait en 10 années placé la firme au losange dans le peloton de tête des constructeurs.

 
On découvre coup sur coup que Renault loin d’être en bonne santé, en réalité file un mauvais coton, que notre champion ne vit que sur deux modèles, qu’il a su se hisser sur la première marche du podium de la formule 1 mais est incapable de mettre un vrai moulin sous le capot de la voiture de monsieur Tout le monde. Qu’il perd des parts de marché et ne serait-ce l’inertie du système pointerait en modeste place au palmarès des constructeurs européens.

 
Il faudra qu’un jour on nous explique la rapidité de la chute, comment du plus haut du piédestal, admiré, félicité, envié on peut en quelques mois glisser dans la crise, être en proie aux doutes et se retrouver dans le camp des malades, de ceux aux quels on doit infliger une potion amère. Ou bien l’arrivée du nouveau président n’a pas eu l’effet escompté où l’ancien avait masqué la réalité. Dommage que ceux dont le métier était de poser la question soient inscrits aux abonnés absents.

 
Nous, on attendait depuis bientôt 9 mois. On allait voir ce qu’on allait voir depuis que le  héros de Mangas, monsieur Seven Eleven, Super Carlos avait remplacé Louis Schweitzer, tout auréolé du prestige de la résurrection de Nissan. On nous prédisait un remède de cheval, c’est une stratégie agressive volontariste que les analystes anticipaient, du type de celle qui avait réussi à Nissan dans l’empire du soleil levant.

 
Et bien non, au pays du béret, Carlos Ghosn a perdu sa baguette magique et a présenté un plan plutôt creux qu’au pays de Ford on aurait déjà baptisé : wishfull thinking, ou prendre ses désirs pour des réalités! On peut toujours rêver de redevenir celui qu’on a été.

 
Ce n’est pas avec des vœux pieux que Renault reprendra le flambeau. Peur des politiques, peur des syndicats, « fighting spirit » émoussé après des années passées en première ligne sur la brèche, ce plan là manque sérieusement de souffle même si l’objectif affiché reste ambitieux.

 
Quel qu’en soit la cause, ou toutes celles-ci conjuguées, la montagne Ghosn a accouché d’une souris.  Face au lion de Peugeot et aux appétits de ses concurrents, cette souris là n’est pas née sous les meilleurs auspices.

 

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