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Décryptage sans complaisance de l'actualité.

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Froid dans le dos

« Je préfère penser que tout devient possible dans une société dont les actes ne sont plus contrôlés par l’opinion populaire….

 

 Il y a eu sous le nazisme des centaines de milliers de Rudolf, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs « mérites »  portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref en homme de devoir, et c’est en cela justement qu’il est monstrueux. »

 

 Ce texte extrait de la préface du roman de Robert Merle « La mort est mon métier », date de 1972, longtemps après Nuremberg, longtemps avant Outreau. Tout y est dit du petit chef, bien noté dans tous les rapports, moral, calculateur, rouage efficace de la machine, fasciste par démission de son statut d’homme libre.

 

 

Seuls les acquittés d’Outreau pourraient nous rassurer : ce portrait ne leur évoque en rien le petit juge Burgaud.

 

 

 

Ils auraient raison, il s’agit de Rudolf Hoess, SS-Sturmbannführer, kommandant ultra performant du camp d’Auschwitz, de son histoire banale de fils bien élevé, de premier de classe, de fonctionnaire zélé, de mari et de père attentionné qui devient par glissements successifs le plus efficace des techniciens de la solution finale.

 

 

On est bien loin de cette histoire d'Outreau, mais que le rapprochement puisse être fait, donne froid dans le dos.

 

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