Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Les essais cliniques les ont validés, l’administration compétente les a autorisés, les laboratoires peuvent enfin les distribuer. Ce sont des médicaments pour les blacks. Si je ne dis pas Noirs ce n’est pas pour parler petit nègre, c’est parce que c’est en Amérique que tout ceci se passe. Et que chez nous ça ne se passera pas comme ça !
Toute l’idée avec ces traitements c’est que les Noirs ne réagissant pas comme les jaunes ou les blancs, les laboratoires ont développé, testé et mis sur le marché des produits adaptés à leur phénotype. Il y a longtemps que l’on a identifié des facteurs de susceptibilité et qu’il est statistiquement démontré que les populations caucasiennes – pour ne pas dire les Blancs – ne réagissent pas comme les afro américaines – pour ne pas dire les Noirs, face aux risques de développer des cancers, des maladies cardio vasculaires ou d’être atteintes du SIDA. Ces différences d’origine multi causale, génétique, mais aussi environnementale et culturelle sont prises en compte dans une médecine personnalisée pour offrir la réponse thérapeutique la mieux adaptée à chaque sujet.
Si aux États Unis il est possible d’affirmer cette différentiation et de créer le BiDil* réservé aux Noirs souffrant d’insuffisance cardiaque, en France où l’on ne pratique pas de discrimination une telle démarche est prohibée, même qu’elle tomberait sous le coup de la loi. Il n’existe ni Noir ni Blanc et toute tentative de rattacher un comportement à une couleur de peau est sanctionnée par les tribunaux.
Étonnant retour du balancier, les États Unis où la ségrégation était légale il y a tout juste 50 ans nous donnent des leçons de tolérance au chapitre de la reconnaissance des différences raciales. Car le mot est lâché, c’est bien le concept de race qui resurgit à travers cette affaire du BiDil et l’évolution d’une médecine personnalisée vers une médecine racialisée, ce dont nos bonnes âmes ne veulent point entendre parler.
A nier l’évidence, à s’entourer de concepts flous de peur de défriser des tignasses trop crépues, à proscrire le mot race dans tout document officiel au prétexte qu’il induirait une hiérarchie, on interdit aux minorités de bénéficier des avancées de la pharmacogénétique et de toutes les techniques dérivées de la génétique appliquées à des segments de population.
Qu’il était bon le temps où on pouvait impunément dire : « Y a bon Banania ! »
* BiDil :