Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Que de chemin heureusement parcouru depuis la loi Neuwirth libéralisant la contraception, la loi Veil autorisant l’avortement, faits marquant l’avènement de la révolution sexuelle corollaire de la dissociation du plaisir et de la reproduction.
Que de tabous enfin brisés depuis que la génétique permet la conception assistée par une mère porteuse, la fécondation artificielle et entrevoit pour demain le clonage reproductif.
Que de piliers de la société bousculés à bon escient par l’effacement du mariage et par l’acceptation de la vie commune entre personnes du même sexe sous l’égide du pacs.
Puisqu’en ce jour de « Marche des Fiertés » il est de bon ton de revendiquer le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels on mesure la route qui fut accomplie depuis un demi siècle et on s’étonne que nos aïeux si prompts par ailleurs à revendiquer leur espace de liberté aient pu tolérer pendant des siècles le carcan que leur imposaient église et société.
Mais puisque ce mouvement libérateur est lancé, inexorable et qu’il suit la flèche du temps, à voir défiler tant d’hommes politiques venus racoler leurs électeurs le long de la voie publique on aimerait savoir quelle fierté pourront retirer ces pêcheurs de voix lorsque ces « avancées » déjà promises auront été entérinées. A chevaucher toutes ces causes au prétexte qu’elles sont surmédiatisées ils prennent le risque de dénaturer certaines des valeurs qui jusqu’à la fin du siècle dernier ont constitué le socle de notre civilisation. Si pour Henri IV "Paris valait bien une messe", faut-il que nos futurs monarques républicains soient adoubés par les Gays pour entrer à l'Elysée ?