Décryptage sans complaisance de l'actualité.
L’idée nous renvoie à Jean Jacques, le père d’Émile. On en revient aux sources de la démocratie, aux états généraux, aux doléances, bref à l’histoire de France. C’est un raccourci qui permet de réviser ce que beaucoup risquait d’oublier : la république du XXI ème siècle ne peut renier sa filiation au siècle des Lumières et à sa naïveté étymologiquement révolutionnaire. Le temps a passé, n’en déplaise à Lamartine, mais l’utopie n’a pas d’age et se conjugue souvent avec les élections.
Transférer aux citoyens les rôles que les élus refusent d’assumer, imaginer que le peuple a vocation à gouverner, à juger, voire à sanctionner c’est, au delà de la rhétorique populiste, s’octroyer le pouvoir de manipuler ceux dont la versatilité n’a d’égal que l’incompétence à maîtriser les enjeux de nos sociétés.
C’est aussi se donner l’image d’une démocrate en laissant poindre le glaive de la justicière. Aucun régime, si ce n’est le plus totalitaire, n’a prétendu donner à des comités citoyens le pouvoir de défaire ce que le suffrage universel avait décidé. L’autoritarisme de madame Royal est connu de ceux qui la côtoient en Poitou Charente. Son dernier dérapage devrait faire réfléchir ceux qui auraient la tentation de lui étendre ses responsabilités.