Décryptage sans complaisance de l'actualité.
On était habitué à la gouaille aristocratique du baron Seillière, comme à la fausse jovialité du camarade Blondel et au look post soixant huitard de Bernard Thibault. Les leaders syndicaux imposent leur style plus facilement que leurs idées. Mais l’empreinte de leur personnalité sur leur organisation permet à leur personnage de tenir le rang qui sied à leur fonction.
Il y en a une qui dénote. Fluette, sans charisme apparent, elle œuvre dans l’ombre – du moins le prétend-elle, est absente des grandes confrontations et oublie que le Verbe est au leader syndical ce que le défilé est au manifestant : consubstantiel.
Parisot, «patronne » du Medef, a l’art de glisser entre le mur et l’affiche sans la décoller. Le ministre de l’économie ne s’y est pas trompé, qui a fustigé ses silences, ses absences, son mutisme sur le programme économique du PS avec la formule : qui ne dit mot consent.
Il a raison. On reste confondu que les patrons aient porté à la tête de leur organisation une personne aussi falote. Qu’ont-ils voulu prouver ? Que chez eux, il n’y a pas non plus de discrimination, que les femmes y sont à parité, que les moins doués sont susceptibles d’occuper les fonctions les plus élevées, que la médiocrité est récompensé et le talent dénigré.
Sans doute un peu de tout cela. Ces patrons ont des mentalités de fonctionnaires et Laurence Parisot est mure pour de remplacer Thierry Breton qui en 5 ans n’a pas eu le courage de mettre fin au 35 heures dont il stigmatise tous les matins les effets dévastateurs. Plus facile de s’en prendre à la cheftaine du patronat qu’aux syndicats des salariés. Manifestement une erreur de cible.