Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Il avait pris l’initiative, il donnait le tempo. Il avait imposé son calendrier, avait décidé les sujets qui valaient débats. Il était favori dans son camp, redouté par ses adversaires. Même ses erreurs, ses outrances, ses tics jouaient en sa faveur. En face il n’y avait pas photo, deux rescapés des années Mitterrand qui n’en finissaient pas d’exciper de leurs expériences…d’ex mis en examen, et une madone blanche, fausse ingénue et vrai pur produit du marketing politique. Ségolène, vierge de toutes compromissions, improbable candidate du parti des éléphants.
La suite est connue. Le petit Nicolas a perdu la main, il est sur la défensive. Soupçonné de refuser la pluralité des candidatures dans son camp, il doit offrir aux courants contestataires les moyens de se faire entendre, de se mesurer, et accepter que le mieux placé des concurrents fasse une synthèse des propositions des impétrants.
Le monde est à l’envers. L’UMP n’en est plus à écrire le vade-mecum du parfait candidat. Il s’est mis à l’heure du PS et son candidat ne sera crédible que lorsqu’il aura été investi par les militants.
Les roses ont gagné cette bataille là. Par forfanterie la droite s’est laissée bernée. On a le droit d’être inquiet pour la suite des opérations. Un Villepin, un Juppé hors service jusqu’à 2012 ont tout intérêt à jouer l’alternance et ils ne s’en privent pas.