Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Souchon n’a pas imaginé une funeste issue. Mais le « tare ta gueule à la récré » remonte à Charlemagne, revu par Jules Ferry. Heureusement que dans toutes les communales ce défi ne suscite que plaies et bosses et n'enrichit que les marchands de mercurochrome. Hier à Meaux, l’issue fut fatale. Elle déclenche l’hystérie des média, relayée par des politiciens en mal de compassion.
C’est un accident, statistiquement une bagarre de gamins qui se termine en drame, il y en a quelques unes par an. Il y a cinquante ans, ce triste fait divers aurait été repris dans la rubrique « chiens écrasés » de la feuille de chou locale. Aujourd’hui il fait l’ouverture du J.T.
Et les politiques s’engouffrent sur l’émotion que le bon peuple ressent naturellement : le gamin de monsieur tout le monde aurait pu être la victime innocente de cette récré. Un sous ministre annonce une augmentation des budgets, l’opposition flétrit le manque d’effectifs, les syndicats expliquent que la surcharge de travail ne permet pas la surveillance des garnements.
Cet accident de préaux est déplorable. Sa récupération est indécente.