Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Ce n’est pas un lapsus, mais le dernier épisode de l’affaire d’Outreau fait indubitablement penser à un « courage, fuyons ! ». Les enjeux soulevés par le désastre judiciaire connaissent un épilogue peu glorieux. La grande réforme du système pénal est reléguée aux calendes grecques et les dispositions qui auraient permis de créer les fameux contrepoids à l’insolent pouvoir des accusateurs - juges et magistrats – ont été remisées, faute de consensus chez les professionnels concernés. Courageux politiciens !
Le juge Burgaud n’a toujours pas été sanctionné malgré les multiples auditions qui ont révélé au public ses grands talents de petit justicier. Sa retraite aura sonné, et le temps aura blanchi les tempes du juge d’instruction et les fautes dont il s’est enorgueilli avant que l’Institution ne livre son verdict sur ses agissements. Courageuse justice !
On aimerait entendre Mme Royal. Elle, dont les imprécations lors de la publication des premiers éléments de l’enquête n’avaient pas peu contribuer à empêcher la présomption d’innocence de jouer en faveur des désignés coupables. C’était sans doute « l’ordre juste » vu par madame le ministre de la famille.
Et quand récemment, invitée à s’exprimer sur sa responsabilité vis-à-vis des futurs innocentés d’Outreau, elle prétend ne pas être intervenue, on mesure le crédit que l’on peut apporter aux dénégations d’une candidate dont la mémoire fluctue au gré des circonstances.