Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Il n’aura échappé à personne que Bayrou fait un score pré électoral que ses plus chauds partisans n’avaient pas même envisagé. Il n’aura pas échappé à la perspicacité de nos concitoyens que ce score se bâtit non sur l’étiolement des extrêmes, restés bien stables depuis le début de la campagne, mais en piochant dans les réservoirs deux principaux candidats.
C’est un succès qu’il doit peut être à son talent, à son art de l’improvisation – tant son projet fumeux donne l’impression de se construire sans aucun dessein – mais tout autant à la désaffection de l’électorat pour le duo Ségo Sarko.
Pour synthétiser la situation à 50jours de l’échéance.
Au centre un ventre mou qui se prend pour un dur, sur les ailes des durs qui donnent dans le « molletisme ». A expurger les idées de rupture chez le candidat de la droite, à devenir interventionniste plutôt que d’affirmer son libéralisme Sarkozy a écorné son image de droitier républicain.
Quant à Ségolène, ses atermoiements entre le discours politico rigide du socialisme radical et ses embardés sur le terrain de la démocratie social, c’est à en perdre son latin.
Décontenancé par les méandres dans les quels s’enlisent les projets de la droite comme de la gauche, l’électeur considère que quant à faire du centrisme autant le faire avec l’original plutôt qu’avec l’une de ses mauvaises copies.
Alors si on veut renvoyer le béarnais dans son écurie à l’éducation de ses pouliches, il faudrait que les candidats qui ont une conviction à défendre reprennent leur visage de libéraux ou de socialiste et cessent de jouer à la chèvre qui ménage le chou. Sauf à avoir décider de faire chou blanc.