Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Maintenant qu’il est prouvé que Bayrou a bénéficié de l’aide artificielle des sondeurs pour coller au peloton de tête des candidats il est intéressant de relire les propos du béarnais dont l’enflure avait atteint un paroxysme suite à ces publications.
L’idée qu’il avait pu bénéficier d’une poussette spéciale ne semble pas l’avoir effleuré malgré l’ampleur de l’écart qui le vit en l’espace d’une semaine gagner environ 8 points (de 16 à 24), ce qui en nombre d’électeurs potentiel correspondait à un accroissement de 50 % de son électorat. Pas moins ! Du jamais vu de vie de sondeurs.
En dépit de cette spectaculaire avancée ni l’institut CSA, ni le candidat n’ont jugé utiles de relativiser l’exploit, de prendre le résultat avec précaution et d’envisager qu’il puisse résulter d’une erreur d’appréciation. Non, ils le prirent pour argent comptant et le Bayrou se répandit en fanfaronnades.
L’ego hypertrophié de Bayrou faisait déjà gloser dans le microcosme. Il était bien le seul à s’attribuer une mission divine. L’entourloupe du sondage à la quelle il vient de se prêter et dont il ne s’est pas désolidarisé, brise l’image d’Épinal, à l’usage des gogos, d’un petit saint béarnais, rescapé de la meute des méchants.
On laissera le Bayrou couler sans regrets. L’imposteur sait qu’il conduit ses électeurs dans une impasse, comme il savait que sa brutale ascension dans les sondages n’était qu’artificielle. Il s’est gardé de garder la tête froide, et selon la phrase de Chirac il en a « pété de vanité ».
Ce serait lui faire trop d’honneur que de lui appliquer cette citation de l’Ecclésiaste « vanitas vanitatis », mais à quel autre candidat pourrait –on mieux l’épingler ?