Décryptage sans complaisance de l'actualité.
574.8. Ce sont les nouveaux chiffres fétiches de
La juxtaposition d’un monde industriel étatique, de grandes écoles scientifiques dans une économie semi dirigée allait engendrer des merveilles technologiques. Encore que ce vocable fut inconnu de cette génération.
Le Mistral, l’ordinateur Bull gamma 30, le procédé de télévision couleur Secam, le paquebot France, le Concorde, le TGV et l’avion Rafale sont les enfants prodiges emblématiques de ces 30 glorieuses qui suscitèrent plus de cocoricos qu’ils ne firent rentrer de devises dans les caisses de l’Etat.
Qui d’ailleurs s’en préoccupaient ? Les politiques qui tenaient les cordons de la bourse ? Certes pas, trop heureux de récupérer les dividendes d’une politique industrielle aux relents fortement nationalistes. Les gérants des groupes industriels ? Pour quelles raisons auraient-ils été plus royalistes que le roi. Assurés d’être subventionnés ils pouvaient dépenser sans s’inquiéter de la validité économique des merveilles qu’ils enfantaient.
C’est cette France que nous honorons toujours, cette France schizophrène qui continue à regarder ces jouets qu’elle ne peut plus se payer comme s’ils pouvaient lui ouvrir des portes de grands marchés.
C’est oublier que tous ces exploits techniques et industriels ont été de grands bides financiers. Parce que des échecs commerciaux. Un seul TGV roule sur des rails étrangers, nul Rafale ne vole hors les couleurs de l’armée française, le plan Calcul fut la catastrophe que l’on a oubliée, le Concorde coûta une fortune aux contribuables, quant au procédé de télé couleur il n’y eut que l’Egypte pour l’acquérir avec les fonds qui lui étaient versés pour le faire.
Alors on peut toujours fermer l’ENA, mais la culture du record pour le record, de la prouesse technique pour la prouesse, du défi technologique pour le défi est toujours vivante chez nos hommes politiques quel qu’en soit le bord. Celui qui oserait mettre un bémol au motif que ces « exploits » n’ont pas de marché, ne crée pas de valeur passe pour un traître, un vassal de l’économie libérale, un agent à la solde des intérêts étrangers.
Et pourtant, quand