Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Ce sont les victimes collatérales de l’élimination de Jospin : eux, les petits candidats. Ce sont huit nains qui se battent contre le syndrome du vote utile, ressassé à satiété par le PS et sa candidate. L’électorat de ces nains est sans illusion sur leur chance d’accéder au second tour. A qui sont utiles ces candidats qui seront éliminés de la dernière course ? Leurs électeurs sont face à un dilemme : faut-il leur apporter des voix ou aller à la pêche dimanche prochain ? Vote utile ou vote futile ?
Deux de ces candidats chassent sur les terres de droite : De Villiers et Nihous. D’après les sondeurs ils sont crédités de 3% des intentions de vote. 3% des électeurs de droite seront ainsi détournés d’apporter leur voix à Sarkozy ou Le Pen. Cela ne devrait pas changer notablement la donne du coté droit.
A gauche de la gauche la situation est plus problématique. 6 candidats récoltent 13% des intentions, soit plus que la moitié de ceux qui penchent déjà pour Royal.
Mais aucun de ces candidats ne vient écorner l’électorat du béarnais. Ils piquent sur la droite un peu, et beaucoup sur la gauche mais au centre rien ! L’unique et grand bénéficiaire de ces candidats extrêmes c’est Bayrou. Plus les petits grappillent des voix, plus son électorat grossit corrélativement. En résumé plus l’extrême gauche récolte de suffrages, plus il a de chance d’être élu.
C’est cette équation que Bayrou peaufine en faisant risette à Besancenot, à Laguiller et compères. Ce sont les alliés objectifs du candidat centriste ! Sa considération récente pour les thèses de l’extrême gauche avait pu paraître suspecte, elle n’est que le fruit d’un calcul particulièrement malhonnête. Il ne peut réussir qu’en aidant les extrêmes, et surtout l’extrême gauche et c’est ce à quoi il s’emploie.
Présent au second tour il ne le devra qu’aux trotskystes, communistes et autres alter mondialistes. Devenu président il deviendrait dès lors l’otage de ses nouveaux amis. Un comble pour un centriste : devoir son élection aux gauchistes et à leurs relais syndicaux.
Ce calcul machiavélique peut être déjoué, si l’électorat d’extrême gauche décidait d’aller à la pêche…on peut toujours rêver !