Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Demain 20 heures : 10 candidats sur 12 sont éliminés. Pourquoi sont ils exclus de la finale ? Pour eux une seule question va dominer la soirée : c’est la faute à qui ?
Le Pen échoue à renouveler son résultat de 2002. Il émarge à la troisième place ou à la quatrième, il est hors course : la faute à qui ? A Sarkozy qui s’est enfin emparé des thèmes propres à la droite, à l’age de ses artères qui frôle les 79 ans, au score du marquis qui picore ses plates bande ou à Nihous qui pêche dans les mêmes eaux troubles ?
Bayrou flirte avec la seconde place mais reste en bas du podium. Il n’échoue que de quelques centaines de milliers de voix. La faute à qui ? Aux média, aux forces de l’argent, aux puissants, au système en place, à tous ceux qui depuis 30 ans se partagent les places, ceux qui vivent du système et de son balancier. La suffisance béarnaise, l’arrogance de celui qui ne « mange pas de pain là », l’absence de programme, l’incapacité de bâtir une majorité ne seront pour rien dans cet échec ; on vous le dit c’est la faute au système.
Royal fait du Jospin bis et rate la deuxième marche ! la cata. La gauche ridiculisée 5 ans après le tsunami de 2002. Comme s’ils n’avaient rien appris, la faute à qui ? Pas à Hollande, le concubin inexistant dans cette campagne, ni aux éléphants consignés dans leur zoo, ni aux militants baladés par les tergiversations d’une candidate imprévisible. La faute à Rocard, à Kouchner et à tous ceux qui ont tendu l’oreille aux sirènes centristes. La faute aux extrêmes, aux Bové, Buffet, Voynet qui inlassablement ont asséné que le vote utile était un piège à cons et que pour influer au deuxième tour il fallait compter avec la gauche de la gauche au premier.
Sarkozy frôle l’élimination : il n’est que second. C’est la stupeur à Neuilly Auteuil Passy. Il sera confronté dans quinze jours à Bayrou qui pérore du haut de son tracteur : la faute à qui ? A tous ces média qui l’ont affublé d’une moustache nazi, à tous ces blogs qui en ont fait une copie d’un caporal autrichien oubliant ses origines hongroises. Sarkozy rattrapé par une image de caractériel agité, menaçant nos libertés depuis un Elysée bunkérisé… la faute à Libé, au Nouvel Obs, à Noah et à tous ces blacks footeux qui ont menacé de donner leur Ferrari aux gamins de banlieue…
Demain dès 20 heures ce sera la faute à qui, si je ne suis pas au second tour … ?
Alors, moi Candide qui n’y sera certainement pas, je puis d’ores et déjà vous assurer que ce n’est pas la faute à Voltaire...