Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Bayrou en a rêvé, Sarkozy l’a fait. Il coupe l’herbe sous le pied du béarnais. Quelle sera la raison d’exister d’un Mouvement Démocrate si la droite gouverne avec des personnalités de gauche et du centre ?
Un béarnais dépouillé de sa rhétorique de l’affrontement des blocs est un béarnais condamné à grappiller quelques voix de centristes mal lunés, d’anti sarkozistes primaires. Il en est réduit à quémander un strapontin pour juste faire de la figuration.
Coté PS la situation n’est guère plus réjouissante. Le putsch Royal prend de l’ampleur. La bataille des légitimistes menée par DSK peut-il empêcher la prise de contrôle du parti par Ségolène ? Elle a transformé le plomb de sa défaite en l’or de sa prochaine ( ?) victoire. Du travail d’orfèvre.
Mais la roche Tarpéienne ne s’est pas pour autant éloignée du Capitole. Ségolène est une improvisatrice aux intuitions fulgurantes : ce n’est ni une organisatrice, ni une stratège. C’est une pasionaria dont l’inconstance n’est pas la moindre des vertus. Faire au PS ce que Sarkozy a réussi à l’UMP, un travail minutieux et patient d’installation d’un appareil dévoué à sa cause et la définition d’un projet de société ne relèvent pas de ses capacités, ou ça se saurait !
Celui des prétendants qui jouerait Ségolène perdante dans ce scénario aurait toutes les chances de récupérer la mise. A condition d’être prem’s à la nommer calife et se mettre en embuscade. Dieu sait si les sicaires et autres spadassins se recruteront en nombre pour traquer tous ses faux pas. Plus vite elle sera calife, plus vite les défauts de ses qualités trahiront son éclatante incapacité à se transformer en architecte d’une victoire dont l’horizon le plus rapproché est à cinq ans.
Et le premier à l’avoir intronisé dans les habits de cheftaine du parti sera aux avants postes pour relever le flambeau que dame Royal aura terni.