Décryptage sans complaisance de l'actualité.
« Il n’y a pas de risque zéro ». Ces propos fort peu compassionnels du représentant des forains de la fête des loges ne risquent pas de rassurer les adeptes de sensation forte. On peut acheter un aller et retour pour le septième ciel sans que cela se transforme en aller simple au pays de saint Pierre. Les lendemains d’un accident aussi meurtrier que rarissime seront difficiles pour les marchands d’émotion qui doivent admettre qu’au nom du principe de précaution, la meilleure façon de survivre c’est encore de ne pas fréquenter leurs installations. Et le booster de St Germain en aura apporté une preuve dont ils seraient bien passés.
Et pourtant la sagesse de la remarque s’applique à toutes nos activités. Que l’accident intervienne lors de loisirs ne fait qu’accroître le sentiment d’injustice qui accompagne le sort de ceux qui sont fauchés par la providence. Nul doute que des personnalités bien intentionnées réclameront plus de contrôle, plus de sécurité, plus de sanctions…mais l’aléa reste contingent à notre destinée et laisser entendre qu’on pourrait s’en défaire n’est que pure vanité.
Le hasard auquel nous devons notre existence garde une part déterminante dans notre quotidien. Les victimes de l’attraction* de la fête des loges avaient simplement rendez vous avec leur destin.
* Le signataire de ce billet a fréquenté avec ses enfants cette même installation il y a quelques jours. Seule l’assurance que la probabilité que l’accident intervienne alors qu’il se trouve dans la nacelle est infinitésimale permet d’aborder décontracté ce genre de loisir. Si les faits contredisent cette évidence la fréquentation ne peut que s’en ressentir.