Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Une fille battue, séquestrée ; ses parent, les coupables : acquittées. C’est la charia, la loi canonique islamique que la plus haute juridiction italienne vient d’avaliser. Dans une famille pratiquant un islam intégriste le droit romain s’efface devant la loi religieuse. Ca se passe en 2007 dans un état laïc au cœur de l’union européenne.
Il n’y a que dans les démocraties – et nul ne songe à contester que l’Italie en fait partie – que l’on tresse les cordes pour se faire battre par son pire ennemi : l’intégrisme religieux. L’acceptation sur son propre sol d’un droit à géométrie variable en fonction de la communauté à la quelle appartiennent les justiciables n’est pas exclusif de l’Italie. C’est aussi le cas aux Pays bas et en France où sévissent de nombreuses zones de non droit, c'est-à-dire des lieux où s’appliquent les lois de la jungle.
Le conflit de hiérarchie entre les pratiques religieuses et le droit laïc fait débat là où on croyait que l’universalité des principes « des droits de l’hommes » était acquise. Que ce soit en Israël où des religieux appellent les soldats à l’insoumission, en Italie où les tribunaux jugeront demain un père musulman qui a égorgé sa fille au motif qu’elle travaillait dans une pizzeria les règles religieuses s’opposent frontalement aux libertés démocratiques.
Que la plus haute juridiction italienne n’ait pas trouvé les moyens de restaurer la prééminence du laïque sur le religieux sonne comme un désaveu des valeurs essentielles sur les quelles nos pays ont bâti nos civilisations.
Oriana Fallaci, la pasionaria anti intégriste, auteur d’Apocalypse, doit s’en retourner dans sa tombe.