Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Outreau le retour. Tout a été dit, ou presque. Le voyage au bout de l’enfer des victimes de cet accident judiciaire raconté par des plumitifs plus ou moins inspirés enrichira pour sûr les éditeurs de faits divers. On n’est jamais en manque de lecteurs quand on exhibe le plus sordide dans la race humaine.
Les erreurs, le calvaire des faux coupables, l’insupportable morgue du juge auquel on arroge le droit exorbitant de n’être pas jugé pour les fautes irréparables qu’il a refusé d’admettre, le mépris de l’institution qui prétend racheter par quelques sous le désastre dont elle refuse de désigner les responsables. Tout aurait été dit si on avait essayé de comprendre l’incohérence de la décision.
Qu’à
Imaginez que l’on puisse attendre de citoyens normaux la capacité d’évaluer des comportements pervers, les croire capables de mesurer sur une sorte d’échelle de Richter l’ampleur de la peine qui doit s’appliquer dans des cas dont ils n’imaginaient pas qu’ils existent ailleurs que dans le cerveau de romanciers pervers, c’est méconnaître l’ingénuité et la crédulité qui heureusement habitent la majorité de nos concitoyens.
Il est irraisonnable de demander à un groupe constitué de gens normaux de porter un jugement sur des actes aussi éloignés des petits méfaits dont ils peuvent être coutumiers. Le jury prétendument populaire était la bonne conscience nécessaire à l’application des peines les plus sévères. Mais depuis l’abolition de la peine de mort cette institution n’a plus de raison d’être. Des juges professionnels ayant à connaître de toutes les turpitudes dont nos contemporains sont capables éviteraient l’extrème inégalité des condamnations prononcées pour des forfaits similaires.
Et surtout mettre pendant trois semaines des jurès en situation d’avoir à entendre les plus répugnants des faits divers constituent de surcroit une agression qui n’a plus de justification.
Bizarrement ce procès là on ne le fait pas. [1]