Décryptage sans complaisance de l'actualité.
J’espère que je serai pardonné pour la trivialité du propos…mais l’annonce de la rencontre de Hans Kung et de Joseph Ratzinger, les frères ennemis de la théologie qui divergèrent à l’issue du concile Vatican II, mérite qu’on lui consacre quelques lignes optimistes.
Une hirondelle ne fait pas plus le printemps ici qu’à Castel Gandolfo mais Benoît XVI peu suspect de libéralisme dogmatique fait un geste vers le plus irréductible des contestataires aux dérives idolâtres de son prédécesseur.
C’est un signe d’espoir que Benoît envoie à tous les déçus de la starification papale. Que le plus brillant des théologiens, conseiller de Jean XXIII, ami de Paul VI, puis considéré comme renégat et interdit d’enseignement par Jean Paul II pour avoir douté de l’infaillibilité pontificale, puisse rencontrer son successeur manifeste une volonté d’ouverture qui avait tant manqué à l’intransigeant Karol Wojtyla.
J’entends bien n’avoir aucune qualité pour décerner des étoiles à l’un plutôt qu’à un autre mais ce dernier pape s’auto érigeant en demi dieu, se béatifiant en même temps qu’il encensait les plus dévots de ses partisans, faisant litière de la liberté de conscience sans la quelle une religion se transforme en secte a conduit sur la ligne de crête où l’on côtoie l’intégrisme le plus dictatorial.
Alors, sans que personne n’aille à Canossa, on se réjouit de ce rapprochement qui, si il n’est encore qu’un symbole, laisse entrevoir que l’Eglise Catholique pourrait aborder ce siècle en regardant le monde tel qu’il est et non plus par le petit bout de la lorgnette d’un curé polonais.