Décryptage sans complaisance de l'actualité.
On vit une époque pas ordinaire. On s’en doutait un peu depuis que nos coureurs qui roulent à l’eau clair, c’est juré, et abattent tous les records du temps où, ça se murmure aujourd’hui, ils pédalaient chargés. Le grand Manitou du Tour nous a alors doctement rappelé toute l’importance…. du sens du vent pour justifier ces mirobolantes performances. On le pensait au sommet de cet art, mais voila qu’il ne mérite plus qu’une mention « peut mieux faire ».
Détrôné qu’il est par l’Education nationale dont les élèves de terminales de cette année sont pour plus de 82% nommés bacheliers, et c’est un nouveau record. Depuis sa création par Napoléon jamais un taux supérieur à 80 n’avait été atteint, et c’est l’année même où de nombreux cours ont été séchés, supprimés ou désorganisés. Les candidats tout préoccupés à occuper leur lycée, à défiler, à conspuer, sont au final bien mieux formés que ceux qui depuis des lustres n’en finissaient pas de gratter, de marner, voire même de bachoter pour n’obtenir qu’un lamentable 70% de réussite. Le ministre n’en finit pas d’expliquer qu’aucune indulgence n’a été recommandée.
Ce sont déjà deux leçons qu’il faut vite tirer :
D’abord démarrer les manifs dès la rentrée ça va permettre, sauf erreur d’extrapolation, de compter 95% de succès. Ce qui aura, avec encore un petit effort, pour effet de conférer le grade de bachelier à tous les candidats.
Et puisque 95% des élèves deviendront bacheliers sans fréquenter le lycée, quelle nécessité aura-t-on d’organiser cet examen dont l’obtention automatique sera ainsi décrétée.
Avec ce type de raisonnement on peut éviter d’en poursuivre le développement, quand on s’adresse à des lecteurs raisonnablement intelligents, et espérer de surcroît clouer le bec de ces esprits prétendument brillants qui nous saoulent d’inepties et nous prennent pour les 20% d’indécrottables qui n’ont as eu leur bachot.