Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Peut-on gouverner sans être populaire, c’est la question que de Villepin n’aura pas tenté d’esquiver. Même si sa contribution devait s’arrêter là elle aura le mérite d’alimenter le débat sur la capacité de la « démocratie » à traiter les problèmes de notre société.
Deux conceptions s’affrontent :
Celle qui donne à la représentation nationale la pré éminence sur l’opinion publique et celle qui fait la proposition inverse.
Récemment la représentation nationale a, à une très large majorité, approuvé la constitution européenne qui fut pourtant largement rejetée par la majorité des français.
La rue, les sondages s’opposent au CPE. La représentation nationale l’a pourtant approuvé. Chirac serait désavoué s’il prenait le risque de soumettre cette réforme à referendum.
Pour avoir par démagogie cherché l’onction du suffrage populaire lors des « grandes décisions » le gaullisme a dévalué la représentation nationale et transféré à la rue et au quatrième pouvoir (les média) la réalité du gouvernement.
Le principe d’entropie s’applique aussi à la politique. Ce qui est dommage c’est que l’on n’enseigne pas la thermodynamique à l’ENA.
Tout système clos évolue naturellement vers son degré de désordre maximum : on ne pouvait rêver de meilleure démonstration que celle offerte par le CPE.