Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Benoît XVI exauce les prières des plus conservatrices de ses ouailles et du plus athée des poètes : Georges Brassens au quel on emprunte le titre de ce billet. Il restaure la liturgie de saint Pie V. La messe pourra être célébrée en latin sous les clochers de nos paroisses, rendant caducs les griefs que le chanteur poète avait formulés.
La surprise ne vient pas de cette réhabilitation pour tardive qu’elle soit ; Non l’étonnement vient de l’idée qui avait prévalu lors de la francisation du rituel datant de 1570, selon laquelle la cérémonie emblématique de la religion catholique était « modernisable ». Puisque l’église offre à ses fidèles l’accès à la vie éternelle, ce qui ouvre la porte de l’intemporalité, le concile Vatican II aurait pu s’abstenir de dépoussiérer les oripeaux de la religion que sont les cérémonies religieuses.
On ne résiste pas au plaisir de vous proposer les strophes de la chanson de Brassens, maintenant qu’elle n’est plus d’actualité.
Tempête dans un bénitier
Le souverain pontife avecque
Les évêques, les archevêques
Nous font un satané chantier
Ils ne savent pas ce qu'ils perdent
Tous ces fichus calotins
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde
A la fête liturgique
Plus de grand's pompes, soudain
Sans le latin, sans le latin
Plus de mystère magique
Le rite qui nous envoûte
S'avère alors anodin
Sans le latin, sans le latin
Et les fidèl's s'en foutent
O très Sainte Marie mèr' de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu'ils nous emmerdent
Sans le latin
Je ne suis pas le seul, morbleu
Depuis que ces règles sévissent
A ne plus me rendre à l'office
Dominical que quand il pleut
Il ne savent pas ce qu'ils perdent
Tous ces fichus calotins
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde
En renonçant à l'occulte
Faudra qu'ils fassent tintin
Sans le latin, sans le latin
Pour le denier du culte
A la saison printanière
Suisse, bedeau, sacristain
Sans le latin, sans le latin
F'ront l'églis' buissonnière
O très Sainte Marie mèr' de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu'ils nous emmerdent
Sans le latin.
Ces oiseaux sont des enragés
Ces corbeaux qui scient, rognent, tranchent
La saine et bonne vieille branche
De la croix où ils sont perchés
Ils ne savent pas ce qu'ils perdent
Tous ces fichus calotins
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde
Le vin du sacré calice
Se change en eau de boudin
Sans le latin, sans le latin
Et ses vertus faiblissent
A Lourdes, Sète ou bien Parme
Comme à Quimper Corentin
Le presbytère sans le latin
A perdu de son charme
O très Sainte Marie mèr' de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu'ils nous emmerdent
Sans le latin