Décryptage sans complaisance de l'actualité.
C’est à y perdre son latin. Le souffle du scandale a forcé le prélat à la démission et le siège épiscopal de Varsovie se trouve vacant. On en reste coi. Les polonais découvriraient que leurs élites ont collaboré. On veut bien être naïf mais pas crédule au point de croire que les apparatchiks de l’ancien régime ne se sont pas refait une virginité dans le système capitaliste.
En Pologne l’église catholique a su prospérer au temps du communisme. C’était au prix d’une double hypocrisie. La hiérarchie de l’église acceptait d’être adoubé par le régime et ne se mêlait pas des affaires temporelles. Et le système socialiste tolérait des ouailles qui croyaient que leur salut viendrait du ciel plus sûrement que du soviet suprême au mépris de l’enseignement du matérialisme dialectique. C’était gagnant gagnant.
Wojtyla sut jouer à merveille de ces ambiguïtés et pour ce faire il a bien du collaborer. Son rôle dans la chute du communisme reste à éclaircir mais il ne fut pas un résistant contestataire virulent.
Ce que nous fait découvrir cette démission forcée, c’est la troisième hypocrisie : en fait il y a rétrospectivement de bons et mauvais collabos. Et notre prélat qui causait avec le KGB local découvre à ses dépens que ces gens là n’étaient pas fréquentables.
Sans doute Pie XII était il mieux inspiré qui copinait avec le national-socialisme, à moins que ce ne fut l’Eglise qui ait oublié de lui appliquer ce vieil adage qui fait chuter notre archevêque polonais : vox populi, vox dei