Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Un récent sondage sur l’emprise des religions dans notre société établit qu’il n’y a plus qu’un français sur deux pour revendiquer l’étiquette de « catholique ». C’est beaucoup moins que les 80% que l’enquête précédente avait dénombrés. C’est beaucoup plus que les 5% qui font du Coran leur texte sacré.
Pour l’essentiel, le reste de la population s’estime laïque. Voltaire y verrait un progrès. Les sondages ne se pratiquaient pas en son temps, mais on peut sans risque avancer qu’agnostiques et athées ne devaient alors représenter qu’une fraction infime des sujets de sa Majesté.
L’espoir peut se nourrir d’un étonnant paradoxe. Au moment où beaucoup de français rejoignent le camp de la laïcité, c’est à l’enseignement catholique qu’ils confient l’éducation de leurs rejetons. Les valeurs dont l’école de Jules Ferry était porteuse sont restées intactes dans l’école privée. Ce mouvement de balancier montre que l’Eglise fait fausse route, non quand elle affiche son enracinement dans le monde réel, mais lorsqu’elle reste ancrée sur des interdits formels que bafouent quotidiennement même ses plus ses fidèles pratiquants.
La religion en tant que rite social a perdu son attrait, mais en tant que refuge de nos fondamentaux culturels, et ciment sociétal, reste irremplaçable. Les catholiques sont responsables de la perte de vitalité de leur culte. Il ne tient qu’à leur hiérarchie de revitaliser l’esprit prosélyte dont Paul était habité aux temps des gentils. Le voudra-t-elle, le saura-t-elle ?
On doute même que la réflexion ait effleuré ses éminences. Il n’y a plus qu’à espérer que l’Esprit saint les frappera, avant que leur Institution ne se retrouve en voie d’extinction. Le prochain sondage nous le révélera.