Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Chateaubriand nous invitait à économiser notre mépris, vu le nombre des nécessiteux ! Pourtant les professeurs du secondaire n’échapperont pas à notre vindicte, eux qui assujettis aux 18 heures hebdomadaires dérogent à leur mission existentielle : assurer la réussite des adolescents que l’Etat leur a confiée en refusant les heures sup pour leur faire passer le bac blanc.
Que cette corporation et ses plus influents syndicats appellent au boycottage de ces épreuves soulève la colère des lycéens peu suspects de libéralisme primaire. Faut-il que les profs aient perdu tout sens des repères pour s’en prendre aux apprentis bacheliers au motif d’une infime réduction de leurs privilèges.
Pauvre France qui n’en finit pas de s’interroger sur les raisons de son déclin, et réagit si mollement quand l’une de ses respectables institutions – l éducation nationale – subit la jacquerie de ses titulaires.
Ne serait-ce l’occasion rêvée pour des candidats de prendre une position claire et d’abandonner la langue de bois? Vu l’importance qu’ils accordent à la formation et au rôle clé des enseignants pour assurer le renouveau qu’ils promettent à
C’est que le corps enseignant et son million d’électeurs pèsent plus lourd que l’avenir de nos enfants, qui – incidemment - ne votent pas encore ?
Plus facile de s’inquiéter de la dérive budgétaire qui fera peser sur la future génération le fardeau de la dette et écornera leur pouvoir d’achat, mais plus risqué de fustiger le corporatisme, l’égoïsme, l’étroitesse d’esprit de ceux qui jouent avec l’avenir immédiat de leurs étudiants, comme d’une carte pour monnayer leur minable revendication.
Et qu’attend Bayrou, le roi auto proclamé de l’Education pour faire entendre sa différence ? Lui qui veut s’attaquer à la dette laisse ses copains des syndicats d’enseignants prendre en otage l’avenir des élèves de terminales.
Bayrou prétend avoir changé, et nous assure de son courage : son silence confirme qu’il est resté le même, celui qui cogérait avec les syndicats. Il est toujours – excusez la vulgarité – la couille molle qui fit le bonheur des enseignants. Voila les français rassurés !