Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Peut on avoir raison contre tout le monde ? Est-on crédible quand on crie au loup en restant le cul assis sur sa chaise ?
Seulement deux questions que l’on doit poser à Jean Marc Jancovici après avoir lu l’édition en format poche de son « Le Plein s’il vous plait ».
Monsieur Jancovici nous prend par la main et nous entraîne dans un raisonnement imparable : au prix actuel de l’énergie le monde court à sa perte. Il n‘est qu’a accepter le postulat selon lequel le réchauffement climatique est causé par les activités humaines, activités énergétivores, pour nous conduire droit à l’apocalypse. L’évitement de ce scénario n’est possible que par une hausse forte et continue de la principale source d’énergie fossile : le pétrole. Et de proposer de porter le prix du litre d’essence à 4€ dans les délais les plus brefs pour nous éviter de recevoir le ciel sur la tête.

La logique est sans faille, ou presque. La loi du marché n’étant pas suffisante selon l’auteur pour ajuster le prix du pétrole à sa raréfaction, il propose de le surtaxer pour que les agents économiques adaptent leurs activités à cette nouvelle donne, selon bien entendu la loi du marché qui reprend tous ses droits. Comprenne qui pourra !
On peut être polytechnicien et voir le monde par le petit bout de la lorgnette. L’énergie fossile se raréfie, c’est une évidence. Mais utiliser les techniques d’extrapolation sur des périodes longues (50 à 100 ans) aurait conduit à prévoir que les parisiens du temps d’Haussmann allaient sous peu déambuler dans une épaisse couche de crottin. Le cheval vapeur en se substituant au percheron leur a épargné ce désagrément.
L’intérêt de l’ouvrage est dans la démonstration que l’idéologie ne fait pas bon ménage avec la futurologie. Ne s’improvise pas Alvin Toffler qui veut. On peut être attentif au devenir de la planête sans devoir troquer son automobile pour un char à bœufs. Et faire confiance à la providence qui depuis Malthus donne tort aux cassandre.