Décryptage sans complaisance de l'actualité.
« Une justiciable poignarde un juge »… « A l’énoncé du verdict, le condamné se tire une balle en plein cœur ». Deux faits divers piochés au hasard de la presse hebdomadaire qui conclut : « L’émotion est grande chez les magistrats qui exigent des mesures d’urgence. »
Qui blâmerait les proches des victimes lorsqu’ils s’étonnent que de tels actes soient possibles dans l’enceinte des tribunaux ? Mais pour le ministère public qui connaît le nombre d’affaires traitées, le nombre de procès qui se déroulent sans anicroche, les bavures restent l’exception, une exception dont le taux d’occurrence est infinitésimal rapporté à toutes les procédures que la justice a à connaître.
La réserve et la sérénité dont les magistrats sont les garants ne devraient –elles pas s’appliquer à leur propres situations ? A partir de cas aberrant vouloir prendre des dispositions d’urgence pour répondre à une préoccupation légitime de sécurité ne peut que renforcer l’impression d’improvisation, de précipitation.
C’est le propre de la société médiatisée que d’hyper réagir aux plus infimes émotions. N’est ce pas le rôle de nos gouvernants que de donner le temps au temps et de ne pas sombrer dans la démagogie en agitant le mouchoir de la compassion ?
Là aussi on aimerait une rupture avec la république larmoyante dont Chirac s’était fait le héraut. On n’en prend pas le chemin…