Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Les réformes sont plus aisées à énoncer qu’à réaliser. Et les cent jours de Sarkozy n’y changeront guère. Les promesses sont tenues mais le verre n’est plein que si l’on est proche de l’UMP, de plus en plus vide plus on s’en éloigne.
Université, service minimum, non remplacement des fonctionnaires : beaucoup de mesures n’ont pas connu l’ampleur annoncée pour éviter l’ire des personnes concernées.
Certains y verront une reculade, d’autres un sens aigu des réalités. Ce qui est constant c’est que l’audace réformatrice décroît vite avec le temps et que l’impopularité ne fait pas bon ménage avec le suffrage universel !
Las ! L’espoir de voir certains tabous mis à mal est repoussé aux calendes grecques. Ainsi laisse-t-on les syndicats de fonctionnaire prétendre que le droit de grève est menacé. Qui osera briser le tabou de la grève chez les agents de la fonction publique ?
Qui pointera la contradiction entre le service de l’Etat et la mise en cause de sa gouvernance. Comment peut-on respecter le suffrage universel et s’opposer aux mesures que les élus prennent en son nom ? Et si ce droit n’est pas reconnu aux fonctionnaires dans de nombreux pays ce n’est pas pour maltraiter les agents de ces Etats, c’est par cohérence avec les principes de la démocratie.
Sans oublier qu’a contrario du secteur privé, les salariés de la fonction publique n’ont pas à craindre d’être licencié. Il n’y a aucune contre partie à l’exercice du droit de grève chez les fonctionnaires : ils ne peuvent en mettant en danger la survie de leur entreprise voir leur patron délocaliser son activité ; non ils sont protégés de tous les aléas qui parsèment la vie des salariés des entreprises de droit privé.
Alors qui mettra fin à cette discrimination, qui décidera enfin que le droit de grève est la contre partie d’une prise de risque dans un environnement où sévit le capitalisme. Mais là ou règne le monopole, ou le service de l’état, le droit de grève devra être mis hors la loi.
Ne rêvons pas, cette révolution là ne sera pas à mettre au crédit de Nicolas Sarkozy.