Décryptage sans complaisance de l'actualité.
La torpeur estivale aurait pu n’être troublée que par les feux de forêt et par la polémique sur le prix de l’essence à laquelle nous avions modestement contribué, mais c’était compter sans Benoît XVI qui nous offre l’un de ces thèmes dont Libre Cours fait ses choux gras.
C’est une histoire de marketing, enfin ça y ressemble.
Tout commença avec Saint Augustin. A l’origine on était tous des petits saints, c’était avant que le Saint Esprit inspire Augustin et lui souffle le concept de péché originel. Depuis on est tous né marqué du sceau du péché. On y est pour rien mais rien ne peut nous en libérer. Impossible de retrouver seul l’état de grâce. Il faut en permanence solliciter l’Esprit Saint pour s’éloigner du mal. Et c’est là le coup de génie : le croyant est captif, et il ne trouvera son salut que par la pénitence sans jamais obtenir une rémission définitive de ses péchés et devra toute sa vie durant faire appel à l’Eglise pour espérer obtenir la grâce divine.
Bravo l’artiste ! L’Eglise pouvait devenir cette entreprise toute entière dédiée aux rachats de nos péchés car malgré le baptême qui n’offre plus qu’une rémission temporaire, le pécheur est au mieux condamné à passer par la case Purgatoire.
Enfin presque, car il y eut rapidement une offre d’évitement : ce furent les indulgences pour raccourcir le séjour, voire s’abstenir d’y faire un détour. C’est alors qu’intervint Luther. Et on pensait l’affaire enterré surtout que ça avait coûté un schisme et jeté le discrédit sur les aspects temporels de l’Eglise de Rome.
C’était oublier Jean Paul II qui dans la perspective de l’an 2000 – réminiscences de l’an mil ? - en avait à nouveau souligné l’importance et voici que son émule, Benoît XVI, par la voix de son grand pénitencier décide, il y a quelques jours, de faire cadeau d’une indulgence aux participants des JMJ de Cologne.
Qu’il se soit inquiété de la fréquentation de ce rassemblement, que ses stratèges en marketing lui aient suggéré de faire un geste, soit. Mais aller en terre allemande ranimer la querelle des indulgences, quelle incongruité !
Je pensais benoîtement qu’un bon chrétien n’avait nul besoin, pour faire ses dévotions papales, d’un artifice moyenâgeux et j’aurais trouvé plus respectueux des participants de ne leur octroyer la rémission des péchés qu’à l’issue de cette manifestation.
Mais, traité à plusieurs reprises d’impie par mes lecteurs, je prie tout ceux que ce libelle pourrait offusquer de m’accorder le bénéfice de leur plénière indulgence.